mercredi 30 juillet 2008

(L'amour est aveugle, il faut donc toucher)

(Proverbe Brésilien)

Lecteur
(oui, je t'alpague)

Avenante et bienveillante que je suis, j’aurais envie de te demander ce que tu as fait ce week end, mais je sens qu’il y a encore eu débauche de toute part, donc je m’abstiens.


De mon côté, j’ai sagement testé un concept que je pense faire breveter sous peu : la soirée de touriste !

tu te dis :

1) Hein quoi gneu ? (vocabulaire très étendu et je t’en félicite)

2) Maria, arrête la drogue (et j’ai envie de te répondre que je suis naturellement psychotique et que par conséquent ton avis sur moi est biaisé)

Sache que par mon éducation de vagabonde, je n'ai jamais approché de près ou de loin ce que le commun des mortels nomme "les voyages organisés et autres plaisirs". J'ai grandi à coups de Guide de Routard sur la tête (ça vous tasserait n'importe qui), et le plus précieux conseil de mon soixante-huitard de père est: "Il faut oser se perdre dans les petites rues !".
Mais bien sûr Patoche... je peux boire dans le verre des inconnus aussi?

Ainsi, tu n'es pas sans savoir -ou si tu es tu ne seras plus- que le quartier le plus riche de Salvador, historiquement et culturellement parlant, c'est le Pelourinho.

Dans les années 1990, ce quartier, dont le nom signifierait (« petit pilori » car c'est là que les esclaves étaient punis quand ils étaient vilains!) est nettoyé (ils ont enlevé les mendiants en fait) et restauré. Il est inscrit par l'UNESCO au Patrimoine mondial de l'Humanité. Le musicien Gilberto Gil (ex Ministre de la Culture) y est né, et c'est là que se trouve la maison de Jorge Amado, le plus fameux des écrivains bahianais. C'est bien clair dans ta tête?

* Interro écrite à la fin de l'article *

Cette merveille architecturale attire les touristes comme des mouches sur un pot de confiture (métaphore classieuse), et est aussi le point de rassemblement de tous les brigands et gredins de la contrée. Car il est bien connu que le riche européen a les bourses pleines (d'écus évidemment), que quelconque vaurien ou prostituée se chargera bien de vider. À l'approche de ces rues mal éclairées, il est donc de bon ton de garder un oeil sur ses effets personnels et l'autre fixé sur la splendeur du site. Alors là je viens de t'effaroucher pour le restant de tes jours, et tu viens d'annuler tous tes projets de voyage au Brésil. Que nenni mon brave, n'oublie pas que l'insécurité, c'est HYPE !

Bref, vais-je enfin réussir à rentrer dans le vif du sujet avant de te décourager ?

Comme je disais, je me suis fait une soirée "Qu'il est bon d'être touriste". À la fin d'une radieuse journée de plage qui allait me coûter un tube de Biafine, nous prîmes le bus vers le centre ville...

Mais qui est ce "nous" ??
Je ne permettrais pas que cette interrogation te ronge et tourmente ton sommeil (tu vois comme je prends soin de toi?). Ce pronom personnel inclut; Maman Pierrafeu et mes deux soeurs, fraîchement débarquées du Blanc Pays de Guérande, et venues en mission au service de sa Majesté pour me ramener dans ma province. À cela s'ajoute une nouvelle et merveilleuse connaissance rencontrée sur la sable fin, Catia Werneck, ainsi que sa fille. Les amateurs de jazz et de bossa-nova apprécieront le timbre sensuel de sa voix (celui de Catia, pas de sa fille voyons). Nous voilà donc parties dans une équipée sauvage à travers la ville, dans le but de nous rendre au concert d'une (très) vieille légende de la musique bahianaise.

Tout ça pour dire que j'ai oublié son nom...


L'endroit comptait une moyenne de 6 rastas et 27 pétards au mètre carré. C'est bien simple, je me sentais pousser des dreads. Le concert, situé sur les marches d'une église, était prévu à 19h00. Une heure et demie plus tard, une vieille chose en peignoir blanc et couronne de plumes débarque, avec presque de l'avance sur le retard brésilien réglementaire, pour pousser la chansonnette.


Beaucoup de "Chalalalalalalala ♫ ".

Les Gratte-Chattes (surnom donné à mes soeurs afin de préserver leur anonymat) et moi, on s'est chaloupé à fond les ballons.

Je peux vous avouer que c’était super trop cool fly in the sky !

Je dirais même qu’attention au boum, le vieux en peignoir vient faire jumper la foule…

[ Là, à tous les fans de Matt Pokora, clap your hands say ya
et sortez de ce blog, en vous remerciant ]

Nous étions donc joyeusement entrainées par la foule (qui s'élance et qui danse une folle farendole) et les ressortissants français se distinguaient par leur cadence anarchique. Ensuite, un groupe de reggae men violemment dérangés est arrivé et l'ambiance est devenue électrique ! Il y avait véritablement une formidable énergie, tout le public communiait en choeur au cri de:


"Rastafara!! Paz e Amor"


En sortant de là, on était tous frères.

Transportées par l'odeur d'herbe et de bière, nous ne touchions quasiment plus le sol. Nous parvenons enfin à nous extirper de la foule en délire, et dévalons les rues du Pelourinho, en quête d'un taxi afin de rejoindre nos boudoirs. Soudain, un bruit déchire le silence (relatif) de la nuit. Je dresse l'oreille pour en identifier la provenance. Ma pupille se dilate, mes poils s'hérissent, ... serait-ce? Non ! Est-ce seulement possible ?? Mes sens ne me trompent pas ! Ce sont bien les tambours du Olodum que j'ouïe !

Courrons vers notre destin mes enfants !!


Le Olodum est un célébrissime groupe de percussions bahianais, qui était ce soir là en pleine répèt'. J'adore leur musique depuis que je suis gamine, et c'est la premiere fois que je pouvais les voir en direct-live ! Une quizaine de nanas frappaient comme si leur vie en dépendait sur d'énormes tambours. Cinq sublimes blacks en sueur dansaient au son des tam-tam (Dieu que cette phrase est cliché), accompagnés par une horde de blanches touristes allemandes, qui trouvaient cette soudaine proximité avec l'inconnu dangereusement excitante.

Nous avons danser jusqu'à nous évanouir de fatigue et au petit matin (elipse temporelle nécessaire), un charmant mini-bus nous a ramené chez nous. Si la bande du Oludum vous intéresse, et je suis sûre que c'est le cas n'est ce pas (je sais où tu habites), je vous propose de visionner ce clip. De plus, vous aurez le bonheur de voir un Bambi plus bronzé et poilu que jamais...

Bon je sais c'est la honte, mais cette vidéo est une assez fidèle représentation du Pelourinho, et de la musique dont je fais mention. Et puis tiens pendant que tu es là, c'est cadeau c'est bonheur, en voici une autre.

Fais moi part de tes brillantes remarques internaute chéri...


Voilà, j'espère que tu en a eu pour ton argent en venant ici aujourd'hui.

Tu peux disposez, à la prochaine !

Paix et amour dans vos chaumières...

samedi 19 juillet 2008

(Auprès de mon arbre, je vivais heureuse)






♫ Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life, you were only waiting
For this moment to arise ♫




vendredi 11 juillet 2008

(Joe le taxi)


"Et alors, c'est comment en France, au niveau de la conduite?

- On peut dire que la réglementation est plutôt sévère, mais c'est pas si mal finalement. On a un système de points; à chaque infraction, on en perd, jusqu'à ne plus en avoir et là, on doit repasser son permis.

- Ah ouais je vois... C'est vraiment différent ici. Je me rapelle, en 1974, 1976 peut-être, j'ai écrasé un gosse. Enfin bon, il a traversé sans regarder et moi je suis passé dessus. Ce con a eu l'audace de mourir. Et qu'est-ce que j'ai eu ?! Pendant un an j'ai dû aller signer un registre à la mairie tous les mois. Et c'est tout ! Ça donne envie d'en tuer 10 comme ça pas vrai????

- ... "