mercredi 27 août 2008
(De retour pour vous jouer un mauvais tour)
La France? Ah...
mercredi 30 juillet 2008
(L'amour est aveugle, il faut donc toucher)
(Proverbe Brésilien)
Lecteur
(oui, je t'alpague)
Avenante et bienveillante que je suis, j’aurais envie de te demander ce que tu as fait ce week end, mais je sens qu’il y a encore eu débauche de toute part, donc je m’abstiens.
De mon côté, j’ai sagement testé un concept que je pense faire breveter sous peu : la soirée de touriste !
Là tu te dis :
1) Hein quoi gneu ? (vocabulaire très étendu et je t’en félicite)
2) Maria, arrête la drogue (et j’ai envie de te répondre que je suis naturellement psychotique et que par conséquent ton avis sur moi est biaisé)
Sache que par mon éducation de vagabonde, je n'ai jamais approché de près ou de loin ce que le commun des mortels nomme "les voyages organisés et autres plaisirs". J'ai grandi à coups de Guide de Routard sur la tête (ça vous tasserait n'importe qui), et le plus précieux conseil de mon soixante-huitard de père est: "Il faut oser se perdre dans les petites rues !".
Mais bien sûr Patoche... je peux boire dans le verre des inconnus aussi?
Ainsi, tu n'es pas sans savoir -ou si tu es tu ne seras plus- que le quartier le plus riche de Salvador, historiquement et culturellement parlant, c'est le Pelourinho.
Dans les années 1990, ce quartier, dont le nom signifierait (« petit pilori » car c'est là que les esclaves étaient punis quand ils étaient vilains!) est nettoyé (ils ont enlevé les mendiants en fait) et restauré. Il est inscrit par l'UNESCO au Patrimoine mondial de l'Humanité. Le musicien Gilberto Gil (ex Ministre de la Culture) y est né, et c'est là que se trouve la maison de Jorge Amado, le plus fameux des écrivains bahianais. C'est bien clair dans ta tête?
* Interro écrite à la fin de l'article *
Cette merveille architecturale attire les touristes comme des mouches sur un pot de confiture (métaphore classieuse), et est aussi le point de rassemblement de tous les brigands et gredins de la contrée. Car il est bien connu que le riche européen a les bourses pleines (d'écus évidemment), que quelconque vaurien ou prostituée se chargera bien de vider. À l'approche de ces rues mal éclairées, il est donc de bon ton de garder un oeil sur ses effets personnels et l'autre fixé sur la splendeur du site. Alors là je viens de t'effaroucher pour le restant de tes jours, et tu viens d'annuler tous tes projets de voyage au Brésil. Que nenni mon brave, n'oublie pas que l'insécurité, c'est HYPE !
Bref, vais-je enfin réussir à rentrer dans le vif du sujet avant de te décourager ?
Comme je disais, je me suis fait une soirée "Qu'il est bon d'être touriste". À la fin d'une radieuse journée de plage qui allait me coûter un tube de Biafine, nous prîmes le bus vers le centre ville...
Mais qui est ce "nous" ??
Je ne permettrais pas que cette interrogation te ronge et tourmente ton sommeil (tu vois comme je prends soin de toi?). Ce pronom personnel inclut; Maman Pierrafeu et mes deux soeurs, fraîchement débarquées du Blanc Pays de Guérande, et venues en mission au service de sa Majesté pour me ramener dans ma province. À cela s'ajoute une nouvelle et merveilleuse connaissance rencontrée sur la sable fin, Catia Werneck, ainsi que sa fille. Les amateurs de jazz et de bossa-nova apprécieront le timbre sensuel de sa voix (celui de Catia, pas de sa fille voyons). Nous voilà donc parties dans une équipée sauvage à travers la ville, dans le but de nous rendre au concert d'une (très) vieille légende de la musique bahianaise.
Tout ça pour dire que j'ai oublié son nom...
L'endroit comptait une moyenne de 6 rastas et 27 pétards au mètre carré. C'est bien simple, je me sentais pousser des dreads. Le concert, situé sur les marches d'une église, était prévu à 19h00. Une heure et demie plus tard, une vieille chose en peignoir blanc et couronne de plumes débarque, avec presque de l'avance sur le retard brésilien réglementaire, pour pousser la chansonnette.
Beaucoup de "Chalalalalalalala ♫ ".
Les Gratte-Chattes (surnom donné à mes soeurs afin de préserver leur anonymat) et moi, on s'est chaloupé à fond les ballons.
Je peux vous avouer que c’était super trop cool fly in the sky !
Je dirais même qu’attention au boum, le vieux en peignoir vient faire jumper la foule…
[ Là, à tous les fans de Matt Pokora, clap your hands say ya
et sortez de ce blog, en vous remerciant ]
Nous étions donc joyeusement entrainées par la foule (qui s'élance et qui danse une folle farendole) et les ressortissants français se distinguaient par leur cadence anarchique. Ensuite, un groupe de reggae men violemment dérangés est arrivé et l'ambiance est devenue électrique ! Il y avait véritablement une formidable énergie, tout le public communiait en choeur au cri de:
"Rastafara!! Paz e Amor"
En sortant de là, on était tous frères.
Transportées par l'odeur d'herbe et de bière, nous ne touchions quasiment plus le sol. Nous parvenons enfin à nous extirper de la foule en délire, et dévalons les rues du Pelourinho, en quête d'un taxi afin de rejoindre nos boudoirs. Soudain, un bruit déchire le silence (relatif) de la nuit. Je dresse l'oreille pour en identifier la provenance. Ma pupille se dilate, mes poils s'hérissent, ... serait-ce? Non ! Est-ce seulement possible ?? Mes sens ne me trompent pas ! Ce sont bien les tambours du Olodum que j'ouïe !
Courrons vers notre destin mes enfants !!
Nous avons danser jusqu'à nous évanouir de fatigue et au petit matin (elipse temporelle nécessaire), un charmant mini-bus nous a ramené chez nous. Si la bande du Oludum vous intéresse, et je suis sûre que c'est le cas n'est ce pas (je sais où tu habites), je vous propose de visionner ce clip. De plus, vous aurez le bonheur de voir un Bambi plus bronzé et poilu que jamais...
Bon je sais c'est la honte, mais cette vidéo est une assez fidèle représentation du Pelourinho, et de la musique dont je fais mention. Et puis tiens pendant que tu es là, c'est cadeau c'est bonheur, en voici une autre.
Fais moi part de tes brillantes remarques internaute chéri...
Voilà, j'espère que tu en a eu pour ton argent en venant ici aujourd'hui.
Tu peux disposez, à la prochaine !
Paix et amour dans vos chaumières...
samedi 19 juillet 2008
(Auprès de mon arbre, je vivais heureuse)
vendredi 11 juillet 2008
(Joe le taxi)
"Et alors, c'est comment en France, au niveau de la conduite?- On peut dire que la réglementation est plutôt sévère, mais c'est pas si mal finalement. On a un système de points; à chaque infraction, on en perd, jusqu'à ne plus en avoir et là, on doit repasser son permis.
- Ah ouais je vois... C'est vraiment différent ici. Je me rapelle, en 1974, 1976 peut-être, j'ai écrasé un gosse. Enfin bon, il a traversé sans regarder et moi je suis passé dessus. Ce con a eu l'audace de mourir. Et qu'est-ce que j'ai eu ?! Pendant un an j'ai dû aller signer un registre à la mairie tous les mois. Et c'est tout ! Ça donne envie d'en tuer 10 comme ça pas vrai????
- ... "
jeudi 26 juin 2008
( No sport, ever ! )
Trève de plaisanteries.
On se souvient tous avec émotion de l'épisode "Maria à la muscu", qui a duré ... deux bons mois !
Bon, disons un mois...
Ici, je me suis retrouvée à l'insu de mon plein gré inscrite dans une académie de gymn. Au risque de vous étonner, je n'étais pas ultra motivée. Mais soit, je tente le coup. Il se pourrait bien que j'ai une révélation mystique. Je fais donc un gros travail sur moi-même, saute dans un short et me pointe à la porte de l'Académie. Quand ils m'ont vu débarquer, ils ont dû penser que je m'étais perdue. Y'en a un qui a osé me demander alors que je faisais mon inscription si je voulais perdre du poids ou prendre du muscle. La question ne se pose même pas il me semble. Évidemment que je veux pouvoir déchirer mes t-shirts juste en contractant un téton et en poussant un hurlement sauvage. Un personal trainer (oh YEAH!) me fait la visite guidée de la salle, puis me claque le cuisse et me dit:
"Allez ma jolie, 30 minutes de tapis roulant!
- Vous dites ?! "
Je m'approche prudemment de la bête, qui a l'air endormie... Déjà moi, quand je vois un tapis roulant, j'ai envie de mettre mes courses dessus. Là apparemment, ça sert à courir. Hu hu
J'appuis sur le gros bouton rouge.
samedi 21 juin 2008
(Pedro, ou pourquoi je me suis cachée dans un arbre tout un week-end)
"La personne que je connais, je veux qu'elle soit mon amie,
Mon ami je le veux pour amant
Et mon amant c'est mon dieu."
T'as compris?? Hein, t'as compris ??? On peut dire que tu es mon amie maintenant?
- Euh, ouais.
- Attends je te le répète !
- Non non ça ira !!
- Alors t'as compris? Ami/Amant??? Je peux avoir l'air sage comme ça, mais j'ai un côté très sauvage !
- ...
- T'es sûre que tu veux pas qu'on dorme dans le même lit??"
mercredi 18 juin 2008
(Le chant du cygne)
Je crois qu'on tente de me faire quitter le pays.
(Tout ça parce que l'équipe de foot s'est ridiculisée.
Raymond n'aurait-il pas pu penser à tous les émigrés français ?
Maintenant que notre fierté hexagonale a été souillée, nous formons un peuple apatride.)
Je vais être obligée de brûler mon passeport.
(Elsa et ses belles parenthèses)
Un portrait de la nouvelle amazone, la femme moderne qui a plus de mots au bout de ses doigts qu'au bout de ses lèvres.
dimanche 15 juin 2008
(Comment je suis allée manguer des manges)
Après [mon voyage/ma descente aux Enfers] dans l'Intérieur du Brésil, me voilà enfin revenue à Salvador. Je décide donc d'aller rendre visite à mon parrain, qui habite sur une des îles de la baie: Itaparica. Tout d'abord, il me faut attraper un bus au vol pour me rendre au Mercado Modelo. De là, je prendrai un bâteau à moteur, et si les dieux sont cléments, j'arriverai 40 minutes plus tard à destination... C'était sans compter le fait que j'ai attendu mon bus 3 jours et que la file pour acheter le ticket allait jusqu'en Suisse. Je monte finalement dans l'embarcation, ravie du voyage qui s'annonce. Je pose un pied sur la rambarde du ponton, je laisse le vent souffler dans mes cheveux et mon jupon, et avec un air borgne et moults moulinets de bras, je m'adresse aux marins d'une voix chargée de rhum:
"Levez l'ancre ! Fermez les écoutilles et larguez les amarres !
Que Dieu bénisse l'Amérique !!""Euh Mademoiselle, vous voulez bien descendre de là s'il vous plait, vous faites peur aux enfants."
Alors comme les brésiliens n'ont aucune fantaisie, je suis allée m'assoir sagement. Et c'est comme ça que j'ai rencontré ... Rodrigo ! Un envahissant, marié, vieux (29 ans quoi!) partisan du Parti Vert, qui n'avait pas du tout grillé le côté écologique de ma personne. Il a passé TOUT le voyage a me convaincre d'économiser l'eau (sans blague?) et m'a même filé un dépliant sur une espèce de macaque en voie de disparition. Le problème, c'est que l'animal est tellement moche, qu'on a aucune envie de le préserver. Un peu comme Rodrigo en fait. Mais soit !
Le mec a ensuite tenté de façon pernicieuse de m'extorquer mon numéro de portable. J'ai dû lui expliquer que j'étais un être totalement libre de cet avilissement terrestre, sans attache, et que je vivais dans une yourte avec mes courgettes bios. Dommage
En parlant de ça, je devrais écrire un livre sur toutes les excuses bidons que je peux sortir parfois... Comme la fois au bar cubain à Nantes: " Bah en fait non, je vais pas pouvoir te donner mon numéro parce que, tu vas rire, j'ai perdu mon portable en me penchant pour regarder les poissons dans la Loire".
Bref, on va à la suite?
La houle, cette coquine, se montra fourbe, et mon visage prit une jolie couleur verdâtre. Je n'osais même pas ouvrir la bouche pour sommer Rodrigo de se taire, tellement je craignais de provoquer une réaction en chaîne... Plus morte que vive, je pose enfin un pied tremblant dans le port de Mar Grande, et me décide à demander mon chemin pour la "pousada" (type d'auberge) de mon parrain. Finalement, j'avais oublié que c'était si petit cet endroit, et trois bonds plus tard (oui, je me déplace comme ça), j'étais devant. Antonio Carlos, dit "God", est un peu le roi du pétrole ici, tu peux même le voir sur Youtube. Il possède tout d'abord 200 hectares non négligeables de manguiers, et s'est toujours très investi dans la vie sociale et politique de l'île. Je n'ai jamais vraiment su d'où venait ce surnom, et je ne me serais absolument pas attendu à cette explication...
C'est le fruit d'une de ses soirées de débauche, quand les temps étaient encore obscures. Durant une fête, lui et ses amis avaient versé 15 doses de LSD dans le punch. Malheureusement, l'employée de maison s'était un peu trop épanchée (épunchée?) dessus en douce, et le lendemain, on l'a retrouvée coincée en haut d'un cocotier. Mon parrain a pris un échelle pour aller cueillir la vieille, et est ainsi devenu son "Dieu".
Avouez que ça vous pose un homme.
Quand je vais passer le week-end là-bas, je me fais souvent des balades bucoliques, rapport au fait que je suis une fille très proche de la nature et des animaux (sauf des cafards, faut pas déconner). J'enfile donc mon air évaporé et une longue robe à fleurs, et je me promène entre les arbres. On m'avait dit de faire attention aux fruits qui tombent à chaque instant. Je pense que je suis victime d'une conspiration fruitière: vu le nombre de mangues que je me suis prise sur la tête, elles me visent c'est certain !
Samedi soir, God organise une choco-boum pour son anniversaire. Pour l'île, ça a un peu la même importance que la Fête Médiévale pour Guérande, c'est diiire ! Je me suis dit que j'allais mettre en pratique une des grandes techniques de ma tendre mère: " Si tu connais peu ou pas de monde dans une fête, tu réfléchis pas, tu fais le bar ! " J'en profite pour la remercier au passage de ce précieux conseil. L'expérience fut extraordinairement divertissante. Je me suis découvert un don certain pour jongler entre les additions et ouvrir des bouteilles de bière tout en dansant sur le bar. Et puis j'avais mis une robe qui aide à se faire plein de copains garçons d'un coup d'un seul. Et j'ai ainsi puis confirmer ce que j'avais déjà remarqué: le brésilien drague comme il respire. Petit florilège pour toi lecteur...
1er cas perdu:
" Bravo !
- Vous dites??
- Félicitations, tu es sublime.
- Ah... bah c'est plutôt à ma génitrice qu'il faut dire ça mon grand.
- Oh allez, bravo à toutes les deux !!! "
2nd paumé de la laïfe, qui s'accoude au bar et me fixe tel le caniche devant un étal de boucher
" Je peux t'aider?
- Non non, je t'admire...
-Tu veux pas une bière plutôt ?!"
3ème dégénéré
"Oh Maria, tu es tellement suave (oui moi non plus j'ai pas compris), tu veux pas venir regarder les étoiles avec moi?
- Tu penses vraiment qu'on m'a jamais fait le coup des étoiles???
4ème boulet
" Tu as les cheveux doux comme l'océan, et tes lèvres sont telles la rosée du matin (!)...
(hop, tentative de roulage de patin)
- Non mais oh ! T'a cru que c'était Noël??? "
5ème victime de la vie
"Salut, comment tu t'apelles?
- Maria.
- Ah joli nom, moi c'est Idalgo...
- Tu crois que tes parents sont en mesure de me fournir une explication valable?"
6ème hydrocéphale
" Ah bah, c'est pas tous les jours qu'on voit des filles aussi jolies sur notre île hein !
- ...
- Moi mon rêve c'est une pianiste, tu joue du piano??
- ... Euh ouais.
(Là il s'est mis à trépigner)
- Quoi?? Mais c'est génial !!! Yeeeeeeeees ! Épouse moi tout de suite ! Moi je joue du saxo, tu aimes les saxophonistes???
- Comment dire... Ça va pas pouvoir se faire mec, disons que j'ai pas confiance en eux.
- Mais non allez allez alleeeez ! Épouse moii (il arrache sa chemise) Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh (il se roule par terre) tu peux pas me faire çaaa (il se frappe la tête contre un mur) Épouse moi où je me suicide avec ce décapsuleur !
Le coeur brisé d'un imbécile est-il un coeur brisé pour autant?
La prochaine fois, Maria t'explique pourquoi son cousin Pedro est un dangereux taré.
Ooula, je commence à parler à la troisième personne, c'est pas bon.
jeudi 12 juin 2008
(Ma mère, cette âme pure)
- Maman, tu peux lâcher la gousse d'ail, les chauves-souris ne sucent pas le sang des humains.
- Ah bon ???! "
- ...
mardi 3 juin 2008
(Qui va à la noce sans prier s'en retourne sans souper)
Hin hin.
Je n'avais pas prévu que mon iPod me lâche comme un goujat après 3 minutes de service. Je ne savais pas non plus que Grand-Mère Feuillage avait le ronflement diurne aussi prononcé. Et enfin, j'étais à mille lieux de me douter que le chauffeur avait eu sa révélation mystique une semaine plus tôt et que pour le bien de la communauté (?), il allait passer le dvd d'un concert de rock évangéliste.
Le son à fond les ballons.
À la fin du voyage, j'étais hypnotisée au fond de mon siège, les pupilles et les narines dilatées, en chantant " Le Seigneur est mon Sauveur, admirez-le pauvres pécheurs".
Je garde à ce jour d'importantes séquelles.
On arrive chez ma tante, appelée communément "Doliprane", rapport à son évidente hypocondrie. Sa fille Victoria, est très très, mais alors trrrrrès contente de me voir. Depuis que je suis au Brésil, j'ai découvert que j'aimais bien les chiens et les enfants (oui oui, dans cet ordre). Et elle est en partie responsable il faut l'avouer. C'est plutôt mignon comme bête, et puis c'est plus divertissant qu'un poisson rouge. Par la force de sa main potelée, elle me tracte jusqu'à sa chambre, qu'elle va me prêter pour la durée de mon séjour. Il ne m'a pas fallu beaucoup de vivacité d'esprit pour constater que sa couleur préférée était le rose. Et que dans son monde aussi, il y a des poneys qui mangent des arcs-en-ciel et qui font des cacas papillons. Elle avait l'air tellement heureuse la naine, j'allais pas lui dire que je pouvais pas rester pour cause de surcharge de paillettes nacrées dans mon globe oculaire.
Je ne suis pas un monstre voyons.
Quelques jours plus tard, on se prépare tous allègrement pour la cérémonie. Je ne m'attarderais pas sur le goût vestimentaire des brésiliens et le nombre de
" Ah mais oui, c'est superbe! " crispés que j'ai prononcé. Juste pour votre culture, sachez qu'une bonne robe de soirée chez mon peuple, c'est pas moins de 4 couleurs différentes, qui ne vont surtout pas ensemble. Du froufrou, de la dentelle en veux-tu-en-voilà, des superpositions, du kitsch, de la dorure et j'en passe... Là j'ai compris le succès international du bon goût à la française.
Je m'étais décidée pour une robe noire terriblement sobre (ouais, je suis pas une fille marrante). C'était par pur altruisme en vérité: elle allait permettre aux invités de se reposer un peu les yeux.
19 heures pétantes, nous arrivons dans l'Eglise, et je me rue sur les premiers bancs. C'est ma première fois, je veux suivre toute l'action ! Le midi, armée d'un gourdin en bois, je m'étais fait une orgie de crabes, et c'est seulement assise dans la Maison de Dieu que je remarque que j'ai encore des morceaux dans les cheveux. Aucun problème, ça fait des choses à manger. Je me retourne sur l'assistance, et j'ai la douloureuse impression que tout le monde a déjà changé au moins une fois ma couche, et qu'ils s'en souviennent très bien. Toute ma famille vient me saluer:
- "Marrria, qu'est-ce que tu as changé oh la la. La dernière fois que je t'ai vu tu étais haute comme une barrette de shit !!!!
- Ah oui, bah merci hein (Bah ouais mec, en 16 ans c'est dingue comme on grandit, même moi....)
21 heures, le prêtre daigne enfin nous faire l'honneur de sa présence, et met fin aux vociférations de la chorale évangéliste (encore eux?!!). Sa robe de cérémonie cache mal son excessive consommation de bières, et il a l'air frustré de ceux qui ont donné leur vie à la religion. Il dit qu'il va faire une sermon rapide (un sermonito?). On doit pas avoir la même notion du temps... Mes fesses avaient pris la forme du banc d'église qu'il n'avait pas fini de délirer sur l'amour profond et sans limite que Dieu nous porte (ce qui me fait une belle jambe en passant). Ensuite tout le monde s'est levé, a écarté les bras genre "Ce matin j'ai pêcher un poisson grand comme ça! ", les paumes vers le ciel. Tous en coeur et en transe, ils ont entonné une prière inconnue à mon bataillon. Il faut dire que mon bataillon n'en connaît pas beaucoup,
... voire peu,
... voire aucune.
J'ai eu l'impression d'être la seule à me rendre compte à quel point tout était d'un ridicule abyssale.
Tout est bien qui fini bien, car finalement l'homme d'Eglise s'est mis à parler ma langue. En substance, ça consistait en:
Au nom de Père, du Fils, et du Saint-Esprit.
Ami lecteur, tu crois que tu allais échapper à la cérémonie du bouquet??
Que nenni !!!! Ça serait trop facile!
De plus je te rappelle que c'est mon premier mariage, et que comme je suis une âme en peine qui traverse ce monde sans un compagnon à ses cotés, on m'y a presque forcée. Presque, parce que j'avais drôlement envie en fait. Mon plus grand rêve serait de me marier à 19 ans, nul ne peut l'ignorer. Bref je m'égare. Revenons au bouquet.
Ainsi, mon jour de gloire était arrivé.
J'étais prête.
Le mollet tendu, les ongles acérés, la salive écumante et le regard perçant.
A coeur vaillant rien ne résiste, ... qu'ils disent.
Le bouquet vole dans les airs, je sens qu'il me veut.
Tatatiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin je m'élance tel le cygne !
( L'auteure recommande d'imaginer cette scène au ralenti pour que l'effet comique atteigne son apogée)
Et alors que je sentais déjà le satin des roses sur mes doigts, une morue sortie de nulle part me l'arrache en poussant un cri sauvage.
Je me suis donc retrouvée avec un pétale écrasé dans mes mains, pendant que l'autre pouf hurlait sa victoire. Oui bon ça va hein, c'est qu'un bouquet.......... pétasse.
Je ne suis pas du genre rancunière. Cependant, je me suis permise de glisser discrètement sous sa chaise tous les petits fours tombés par terre. A la fin de la soirée, la pauvresse avait pris 15 cm de talons avec tout ce qui était resté collé sous ses chaussures.
Je suis machiavélique.
Photos de mes cousins Victoria et Juan-Pedro, et de ma nièce (!) Gabriela, qui ont l'air de bien s'éclater, n'ayons pas peur des mots.

Photos de la fête qui a suivi l'évènement, le lendemain sur la plage. Qui l'eu cru?? Des enfants et des chiens ! Tu remarquera que les mouflets, soit ça a pleins de dents, soit ça en a pas !

vendredi 23 mai 2008
(N'en déplaise à mon père, je suis une aventurière)
Tout d'abord, le voyage en bus. Huit heures de joie à l'état pur. Enfin j'imagine, parce que personnellement, j'ai dormi comme une bûche. Mais avant ça, j'ai du trouver où mettre ma valise, échapper à la drague du conducteur de 70 piges, et me hisser dans le bus ("Non non ça va, j'arrive à monter toute seule, pas besoin de me tenir les fessses"). Je suis bénie des dieux niveau transports... Là je découvre l'intérieur du bus: fauteuils d'apparence moelleuse, air conditionné, de très jolies tablettes... Ce pays n'a peut-etre pas de fromages valables, mais ses bus ont la classe !
Je m'assois à ma place, aux cotés d'une jeune maman. Elle regarde son enfant avec un air de "Faites des gosses qu'ils disaient...". C'est pas l'instinct maternel qui me caractérise mais moi je le trouve mignon ce bébé, malgré toute cette bave. Pour réchauffer l'ambiance, je lui fais ma célèbre imitation de l'escargot. Vu comment il pleure, il a pas du saisir l'essence même de la performance. Oh mais c'est que ça fait du bruit ces choses là !! Hop, je lui fourre une paire de chaussettes dans la bouche, et on en parle plus.
Arrivée à Ipaui, 5h du matin, fraîche comme la rosé, l'oeil hagard et le cheveu en berne. J'entends un " Marrrrrrrrrrrrrriiiiiiiiiiia !!!!!!!!!!!!! ",
plein de discrétion à la brésilienne.
Ça y est, je suis rentrée au pays.
Mon oncle, très en forme lui, me saute dessus. Et que je te prend dans mes bras, et que je te trifouille les cheveux, et que je te pince les joues, non non j'insiste laisse moi porter ta valise, t'es sure que tu veux marcher, je peux te porter aussi, t'as faim, t'as soif, ta mère ça va, et ton père, et tes soeurs, et les chats, tu es sure que t'as pas faim??
Je le remercie vivement d'être venu me chercher aussi tôt. Il a osé me répondre "C'est rien, je me réveille tous les matins à 4h".
HEIN?????????!!!!
On arrive devant la maison de ma grand-mère. Elle y a déjà vécu il y a très longtemps, et vient juste d'y réaménager. Ma mère l'a connu, et cela reste pour elle la maison de son enfance. Il suffit de la voir pour comprendre pourquoi elle l'aime tant. Elle est sublime, et surtout, véhicule une histoire. C'était la première fois que je m'y rendais, et j'ai ressenti la nostalgie dont ces murs sont empreints. Quelque chose de lourd, de bien plus vieux que moi, qui te rend heureuse et en même temps te crève le coeur. De grandes pièces blanches, le soleil qui rentre dans tous les coins, une salle à manger donnant sur le jardin, un poulailler au fond de celui-ci, et quelques poussins pas farouches qui viennent te picorer les orteils...
Evidemment, cette maison serait sans vie s'il n'y avait pas la plus merveilleuse des grands-mères de la Terre et des galaxies voisines. La miiiiiiiienne !
Bon okay, je sais tout le monde dit que c'est le sienne la plus géniale, mais moi je vous dit que Vovo Nilza possède un niveau de coolitude inégalé. Les effusions de retrouvailles, après quatre ans passés l'une sans l'autre, furent de toutes beautés...
Elle- " C'était bien le voyage? Oh tu dois être fatiguée, va dormir fille !!
Moi- " Oh bah non ça va... aaaaarrrrhhhh miak miak (bâillement gracieux), bon okay, je vais peut-etre faire un petit somme."
Elle- " T'as faim? T'es trop maigre!"
Moi- " Non j'ai pas faim merci, et je suis pas vraiment anorexi...
Elle- " Mais si mais si je te dit que t'es maigre, viens manger quelque chose. Tu veux pas un bout de chocolat???????????? "
Moi- " Non je te jure que ça va, je vais juste dormir un peu."
Elle- " Bon d'accord, tu es sure que tu n'as pas faim hein?? "
Moi- " Nan."
Elle- " Voilà ta chambre, tu m'appelles si tu as faim !! "
(5 minutes plus tard)
"Comme tu as faim, je t'ai préparé ton petit déjeuner, va manger fille, c'est chaud!!"
Elle est encore plus attentionnée que tu ne l'imagines. Par contre, je la soupçonne de vouloir utiliser mon foie (devenu gras par ses soins) pour Noël prochain. Avec mes soeurs, on la surnomme "Grand-mère Feuillage", les êtres de culture qui ont vu Pocahontas comprendront. Elle est doucement tarée, me raconte des blagues dégueulasses, des histoires de sa jeunesse dépravée, et me répète à chaque fois que je sors sa phrase fétiche:
"Maria, tu peux embrasser autant que tu veux, mais surtout,
Je ne pensais pas qu'une grand-mère était une personne avec qui on pouvait avoir des fous rires hystériques, et pourtant... Parfois en pleine nuit, elle soupire " Oh mon Seigneur Jésus-Christ ! "
Elle m'oblige tellement à me reposer que parfois ça me fatigue de dormir. Mais au moins je n'ai plus des cernes qui vont jusqu'en Russie. Par contre la douche, c'est à la fraîche ! Un seau d'eau, une boite de conserve de sauce tomate, et en avant jeunesse!! Si tu veux un oeuf, tu va le chercher direct "à la source". Les poules mangent de tout; de la pastèque, des crevettes, des bananes, des légumes, ... ça donne à l'oeuf une saveur exotique.
Tu l'as bien senti, ici on vit en contact avec la nature....... et inévitablement, il y a les moustiques. Beaucoup de braves sont tombés dans la constante bataille contre ces forces du mal. A Salvador, ils m'épargnaient. Ici, ils se lâchent totalement et se transforment en tueurs assoifés d'hémoglobine, sans foi ni loi... C'est un peu comme le don du sang, mais sans le sandwich à la fin (Charline et Laura sauront de quoi je parle)... Dans ces moments, je regrette fortement la présence de mon paternel plus-gringo-tu-crèves, car quand il est là, les moustiques préfèrent sa blanche chair normande à la mienne.
La nuit venue, l'air déjà lourd se charge des cris de tous les animaux de la Création. Les chiens hurlent à la mort, et je me surprend à rêver de boulettes de viande aromatisées au cyanure. Les oiseaux somnambules font une sur-boum, les souris sourissent autant qu'elles peuvent. Le coq tente d'impressionner ses poules par une puissant chant chargé de testostérone. Dommage pour lui (et pour moi), il a un chat dans la gorge, ça ressemble plus à un moteur qui a du mal à démarrer...
Résultat, en plus d'être toujours aux aguets, debout sur ton lit la carabine à la main, rapport aux moustiques, tu te tapes une symphonie à la sauce "Arche de Noé".
Ma solution: si t'arrives pas à dormir, et bah tu dors pas ! et OUAIS ! Lorsque toutes les forces de la nature se rebellent contre mon sommeil, je me mets à la fenêtre, et je regarde la lune avec l'air doux et rêveur des jeunes filles en plastron de dentelle. C'est là que j'ai remarqué que les petites villes brésiliennes ressemblent pas mal à Guérande la Médiévale... La nuit dans les rues, tu peux te balader nue à dos de licorne, personne ne bronchera.
Le peuple de cette ville est charmant. Quand tu marches dans la rue, il est de bon ton de saluer tout le monde; les caissières, le mécano, la boulangère, le vendeur de glaces, ... Mon préféré, c'est le professeur de judo sans élèves qui passe ses journées en kimono sur le perron de sa maison.
Mon oncle m'a emmené dans une école dont s'occupe l'ONG dans laquelle il bosse. J'ai appris à faire des poupées recyclées avec des bouteilles de sodas en plastique, l'atelier était tenu par un certain Mac Gyver. Le recyclage, c'est toujours utile pour briller dans les dîners. Donne moi une canette de Coca, et je te ferais un sous-marin! Ensuite je suis devenu super popines avec des petites filles en jupette et même qu'on s'est fait des tresses.
Je pars bientôt dans une autre ville pour le mariage de mon cousin, tout aussi paumée mais qui a le mérite d'avoir une plage. Croyez moi si vous le voulez, mais c'est mon tout premier mariage !
J'ai échappé à la robe de location, et c'est presque dommage ...



vendredi 16 mai 2008
(Titre)
A bientot les amis, pour de nouvelles aventures !!
mardi 6 mai 2008
(Coco veut un gâteau?)
Mais elle n'a pas une conversation des plus... stimulantes. Voilà ce que je subis chaque jour:
M- Bonjour Lua, tu vas bien?
L- Oui et toi?
M- Très bien merci.
L- Oh tu vas bien...
M- On est allée à la plage aujourd'hui.
L- Oh tu vous êtes allées à la plage hein...
M- C'était génial, on s'est bien amusées.
L- Oh vous vous êtes bien amusées hein...
M- L'eau était plutôt bonne
L- Oh l'eau était bonne hein...
M- Et après j'ai fait un gros caca que j'ai mangé.
L- Oh t'as fait un gros caca et tu l'a mangé hein...
Vous avez saisi l'essentiel...
Mes articles n'ont ni queue ni tete en ce moment, et peu m'importe. Voici une photo de Michelli (ma cousine pour ceux qui suivent!) partant en guerre. Bon en fait elle allait divorcer. Alors dites moi, il est pas genre super débile son ex?
(Ventilatueur)
Alors je suis passée à l'ennemi, et j'ai opté pour le méga-ventilateur-de-taré. En cette période de célibat forcé, il est devenu le fidèle compagnon de mes jours et de mes nuits. Toujours là pour moi, jamais un mot plus haut que l'autre, il apporte une véritable bouffée d'air frais à ma vie. Néanmoins (big up à Paquito), c'est une relation ambiguë. Je l'aime et en même temps je le crains. Il se plaît à vaciller dangereusement sur son socle au dessus de ma tête, je m'attends à tout moment qu'il se décroche... Et là je me demande: me découpera t-il en tranches fines, ou s'envolera t-il par la fenêtre?
Pour l'instant il se tient tranquille, il se sait surveillé...
Cette photo n'a aucun rapport avec l'article vous allez me dire, mais en meme temps je fais ce que je veux ici. Je l'ai prise le jour de mes 18 ans, alors que j'étais encore jeune et naive...
Maintenant que j'ai 18 ans et demi, je suis carrément plus mature.
dimanche 4 mai 2008
(Ciment' à l'eau)
Ce gros porc, et bien je vais lui péter la gueule.
Mais pour le moment, je me contente de l'insulter sur internet.
samedi 3 mai 2008
(Première sortie entre djeun's)
jeudi 1 mai 2008
(É doce morrer no mar)
Je suis allée me balader avec Michelli dans son quartier au bord de la mer, sur la plage où tous les 2 février, les brésiliens font des offrandes à Iemanjá, la déesse "orixas" des eaux vives. La religion des orixas, qui ressemble plus à une philosophie qu'à un véritable culte, a une place importante dans la vie quotidienne des brésiliens. L'acarajè que nous avons dégusté après est lui aussi empreint cette culture. C'est une sorte beignet, avec une pâte d'haricots (feijao), cuit dans l'huile de palme (dendé) et servi avec une salade de tomates vertes et des crevettes. Dit comme ça, je suis pas sure que ça donne extrêmement envie, mais c'est ulra bon... La préparation de l'acarajè est très ritualisée. Les cuisinières sont vêtues de blanc, avec tout plein de perles de couleur et les cheveux entourés de tissus. Mais surtout, on ne peut trouver ce plat qu'à partir de 18h, quand le vent vient de la mer, et répand la délicieuse odeur dans toute la ville, en l'honneur des divinités.
Plus tard, il y eu une boum chez ma marraine. Un écrivain du nom de Ricardo (déjà que le nom est sexy, t'imagine le mec) m'a dédicacé un livre qui parle de Paris et de la Bahia. Il a même marqué "Para a querida Maria", alors je me sentais plus ! Ce mec, qui n'a pas mangé de viande depuis 13 ans, était en train de s'enfiler de la carna do sol (viande de boeuf séchée) en pensant que c'était des crevettes... Après, la copine sous acides de ma marraine nous a fait un strip-tease, et j'ai fumé la spécialité locale avec le responsable de la Culture de Salvador. Au final, je suis restée scotchée quarante-cinq minutes sur les palmiers illuminés, alors prenez la peine de regarder comme c'est joli...
mardi 29 avril 2008
(Une chambre avec vue s'il vous plaît)
Maintenant que j'ai appris à me déplacer dans Salvador, au moyen du bus (qui aura droit à un article tellement il est fun), du taxi ou de mes jambes, je vais et viens entre les appartements de ma cousine Michelli et de ma marraine. La première habite le quartier un peu baba cool et populaire de Rio Vermelho (Fleuve Rouge), l'autre celui de Barra, plus huppé et face à la mer. Ce dernier est mieux situé, par rapport aux musées et au centre ville, par contre les gens sont moins groovy que dans les quartiers plus pauvres. Mais de ma fenêtre, je vois le meilleur bar à jus de fruits de la ville, et les jours où le temps est clair, j'aperçois au loin la cote bretonne.
(...)
Mercredi 23 Avril de l'an de grâce 2008
C'est super excitant de faire ses premiers pas dans une ville qu'on connaît à peine. Bon, aujourd'hui j'avais juste une rue à traverser pour aller à la plage, mais c'est l'inconnu !!
Lui aussi s'était retourné.
Et il se marrait comme une baleine.
(Ma valise s'est fait la malle)
Mardi 22 Avril de l'an de grâce 2008
J'ai toujours élevé ma valise en la laissant faire ses propres choix et assumer la responsabilités de ceux-ci. Je ne pense pas que ce soit vraiment de la faute des compagnies aériennes si elle n'est pas arrivé en même temps que moi à Salvador. Il est évident que le professionnalisme des brésiliens est au dessus de tout soupçon. Je décide de croire que ma valise est tombée amoureuse d'un baise-en-ville espagnol dans la soute et qu'elle est partie vivre sa divine idylle avec lui durant mon escale à Madrid.
(Le Brésil pour les Nuls)
Salvador est une ville Playmobile. Les habitants et les voitures ne sont pas en plastique certes, mais les couleurs de la ville sont tout à fait chatoyantes. Ou alors peut-etre que c'est le soleil qui les fait plus ressortir... bien que ça soit le même qu'en France. Bien que je ne supporte pas vivre en ville, je pense pouvoir, en prenant sur moi, faire une exception pour celle-ci. Il fait subliment beau, et le bleu du ciel me crève les yeux. Les routes ont vraiment l'air d'avoir envie qu'on leur roule dessus, cheveux au vent, les Puppetmastaz à fond les ballons et en bougeant la tête comme des vrais rockers.
Le site de Salvador fut découvert en 1501 par Amerigo Vespucci (cat). A l'époque, les GC (gentils colonisateurs) avaient pris l'habitude de baptiser chaque point d'implantation du nom d'un saint. La baie de Salvador était tellement grande qu'on la nomma Bahia do Todos os Santos (Baie de Tous les Saints). Elle fut la première capitale du Brésil avant qu'on ne découvre des mines d'or près de Rio de Janeiro, en 1763 à peu près...
Tout ça pour dire que je sur-love cette ville
(Fini de rire)
Dimanche 20 Avril de l'an de grâce 2008
Mon voyage fut une véritable aventure. Bon peut-etre pas, disons une aventurette... Mon amour (fake) pour les déplacements en avion ne saurait t'échapper aimable lecteur.
Adieu la France!
J'aurais eu l'impression de faire les choses à moitié si j'avais échappé au plateau-repas, qui n'a de "repas" que le nom. J'ai pourtant essayé de me débattre, de partir en courant, mais les issues étaient gardées. Mon plateau-repas me regardait avec un air plein de compassion (oui, eux aussi ont un coeur). Brochettes de porc et taboulé au poulet, c'était bien ma veine !
J'ai une pensée toute particulière pour mon voisin de fauteuil; un charmant touriste américain, avec toutes les options. Il arborait une vaillante moustache, un t-shirt "Everything is bigger in Texas" et un sourire niais. D'un naturel agréable, il avait une légère tendance à s'avachir sur mes genoux avec un air d'innocence. Mais vous vous doutez bien que ça n'a en rien gêné l'amitié qui naissait déjà entre nous. Il lorgnait sur mes brochettes, puis m'a demandé en bavant si je comptais les manger et dans le cas contraire, s'il pouvait les courtiser. Comme je préfère éviter d'énerver un cowboy, je lui ai refilé le bout de viande avec courtoisie, en y ajoutant un quignon de pain si jamais son cheval avait faim.
L'hôtesse (ou son maquillage, pas facile de savoir qui parlait) ne voulait pas que j'écoute les Fatals Picards pendant l'atterrissage. Alors que je lui explique que ça m'aide à supporter l'idée de mourir misérablement écrasée, elle me dit qu'elle n'a rien contre eux, c'est juste que ça peut dérégler les appareils de l'avion. Je vois pas en quoi c'est mon problème...
Gosh une tempête ! Là c'est sur que je vais trépasser. J'aurais tant aimé voir Siracuse...Mon américain me tend une main moite que j'accepte. Je vois bien dans ses yeux que nous partageons la même joie de s'être connu et de vivre nos derniers instants ensemble. A la surprise générale, nous survécurent.
Correspondance à Madrid, cet aéroport est une blague géante... L'anglais des autochtones est hilarant, autant que mon espagnol. Pour parler comme ça, je suis persuadée qu'ils planquent des tortillas dans leurs bas-joues. On m'indique vaguement un escalier menant à une pièce qui a tout d'une cave. Là, un muchacho tellement musclé que ça doit être illégal et mangeur de Stickles me dépose manu militari dans un bus. Bien entendu, le véhicule fait la taille de trois stades de foot et je suis la seule passagère. Après quelques slaloms déchaînés entre quelques avions à l'arrêt, le conducteur sous hormones s'arrête sans logique apparente devant une immense porte et me baragouine quelque chose... Je lui demande s'il peut me la refaire en langue anglaise. Dommage pour moi, ce n'est pas dans ses capacités, mais par contre il me propose de parler hollandais. C'est là que crevée, droguée par mes 27 vaccins préventifs et sous alimentée, j'éclate de rire. Pas très longtemps, car vue l'expression de l'hispanisant, mon instinct me souffle de me diriger vers la sortie la plus proche, en courant au besoin. J'ai erré comme une âme en peine sans eau ni provisions durant presque une semaine avant de trouver l'avion pour Salvador. L'hôtesse m'indique le sens de circulation de l'engin, c'est le même que d'habitude, quel soulagement.
Arrivée à ma place où je m'affale comme un sac de sable, je constate avec ravissement que le magazine "In Touch" m'offre un exemplaire. De la lecture saine, oui Madame. Il faut savoir se cultiver en s'amusant (sic)...
La bombe qui semble avoir une qualification de steward me tend un plat de poulet à la moutarde. C'est plus de la veine que j'ai, c'est une artère! Comme je suis une fille conciliante (affamée en fait), j'accepte d'avaler un bout de carotte pour lui. Il me fait une remarque que je ne comprend pas, mais heureusement que le gloussement stupide qui sort de ma bouche ne connaît pas la barrière de la langue, lui...