mercredi 27 août 2008

(De retour pour vous jouer un mauvais tour)

C'est joli ici ! Comment vous appelez ça?

La France? Ah...

mercredi 30 juillet 2008

(L'amour est aveugle, il faut donc toucher)

(Proverbe Brésilien)

Lecteur
(oui, je t'alpague)

Avenante et bienveillante que je suis, j’aurais envie de te demander ce que tu as fait ce week end, mais je sens qu’il y a encore eu débauche de toute part, donc je m’abstiens.


De mon côté, j’ai sagement testé un concept que je pense faire breveter sous peu : la soirée de touriste !

tu te dis :

1) Hein quoi gneu ? (vocabulaire très étendu et je t’en félicite)

2) Maria, arrête la drogue (et j’ai envie de te répondre que je suis naturellement psychotique et que par conséquent ton avis sur moi est biaisé)

Sache que par mon éducation de vagabonde, je n'ai jamais approché de près ou de loin ce que le commun des mortels nomme "les voyages organisés et autres plaisirs". J'ai grandi à coups de Guide de Routard sur la tête (ça vous tasserait n'importe qui), et le plus précieux conseil de mon soixante-huitard de père est: "Il faut oser se perdre dans les petites rues !".
Mais bien sûr Patoche... je peux boire dans le verre des inconnus aussi?

Ainsi, tu n'es pas sans savoir -ou si tu es tu ne seras plus- que le quartier le plus riche de Salvador, historiquement et culturellement parlant, c'est le Pelourinho.

Dans les années 1990, ce quartier, dont le nom signifierait (« petit pilori » car c'est là que les esclaves étaient punis quand ils étaient vilains!) est nettoyé (ils ont enlevé les mendiants en fait) et restauré. Il est inscrit par l'UNESCO au Patrimoine mondial de l'Humanité. Le musicien Gilberto Gil (ex Ministre de la Culture) y est né, et c'est là que se trouve la maison de Jorge Amado, le plus fameux des écrivains bahianais. C'est bien clair dans ta tête?

* Interro écrite à la fin de l'article *

Cette merveille architecturale attire les touristes comme des mouches sur un pot de confiture (métaphore classieuse), et est aussi le point de rassemblement de tous les brigands et gredins de la contrée. Car il est bien connu que le riche européen a les bourses pleines (d'écus évidemment), que quelconque vaurien ou prostituée se chargera bien de vider. À l'approche de ces rues mal éclairées, il est donc de bon ton de garder un oeil sur ses effets personnels et l'autre fixé sur la splendeur du site. Alors là je viens de t'effaroucher pour le restant de tes jours, et tu viens d'annuler tous tes projets de voyage au Brésil. Que nenni mon brave, n'oublie pas que l'insécurité, c'est HYPE !

Bref, vais-je enfin réussir à rentrer dans le vif du sujet avant de te décourager ?

Comme je disais, je me suis fait une soirée "Qu'il est bon d'être touriste". À la fin d'une radieuse journée de plage qui allait me coûter un tube de Biafine, nous prîmes le bus vers le centre ville...

Mais qui est ce "nous" ??
Je ne permettrais pas que cette interrogation te ronge et tourmente ton sommeil (tu vois comme je prends soin de toi?). Ce pronom personnel inclut; Maman Pierrafeu et mes deux soeurs, fraîchement débarquées du Blanc Pays de Guérande, et venues en mission au service de sa Majesté pour me ramener dans ma province. À cela s'ajoute une nouvelle et merveilleuse connaissance rencontrée sur la sable fin, Catia Werneck, ainsi que sa fille. Les amateurs de jazz et de bossa-nova apprécieront le timbre sensuel de sa voix (celui de Catia, pas de sa fille voyons). Nous voilà donc parties dans une équipée sauvage à travers la ville, dans le but de nous rendre au concert d'une (très) vieille légende de la musique bahianaise.

Tout ça pour dire que j'ai oublié son nom...


L'endroit comptait une moyenne de 6 rastas et 27 pétards au mètre carré. C'est bien simple, je me sentais pousser des dreads. Le concert, situé sur les marches d'une église, était prévu à 19h00. Une heure et demie plus tard, une vieille chose en peignoir blanc et couronne de plumes débarque, avec presque de l'avance sur le retard brésilien réglementaire, pour pousser la chansonnette.


Beaucoup de "Chalalalalalalala ♫ ".

Les Gratte-Chattes (surnom donné à mes soeurs afin de préserver leur anonymat) et moi, on s'est chaloupé à fond les ballons.

Je peux vous avouer que c’était super trop cool fly in the sky !

Je dirais même qu’attention au boum, le vieux en peignoir vient faire jumper la foule…

[ Là, à tous les fans de Matt Pokora, clap your hands say ya
et sortez de ce blog, en vous remerciant ]

Nous étions donc joyeusement entrainées par la foule (qui s'élance et qui danse une folle farendole) et les ressortissants français se distinguaient par leur cadence anarchique. Ensuite, un groupe de reggae men violemment dérangés est arrivé et l'ambiance est devenue électrique ! Il y avait véritablement une formidable énergie, tout le public communiait en choeur au cri de:


"Rastafara!! Paz e Amor"


En sortant de là, on était tous frères.

Transportées par l'odeur d'herbe et de bière, nous ne touchions quasiment plus le sol. Nous parvenons enfin à nous extirper de la foule en délire, et dévalons les rues du Pelourinho, en quête d'un taxi afin de rejoindre nos boudoirs. Soudain, un bruit déchire le silence (relatif) de la nuit. Je dresse l'oreille pour en identifier la provenance. Ma pupille se dilate, mes poils s'hérissent, ... serait-ce? Non ! Est-ce seulement possible ?? Mes sens ne me trompent pas ! Ce sont bien les tambours du Olodum que j'ouïe !

Courrons vers notre destin mes enfants !!


Le Olodum est un célébrissime groupe de percussions bahianais, qui était ce soir là en pleine répèt'. J'adore leur musique depuis que je suis gamine, et c'est la premiere fois que je pouvais les voir en direct-live ! Une quizaine de nanas frappaient comme si leur vie en dépendait sur d'énormes tambours. Cinq sublimes blacks en sueur dansaient au son des tam-tam (Dieu que cette phrase est cliché), accompagnés par une horde de blanches touristes allemandes, qui trouvaient cette soudaine proximité avec l'inconnu dangereusement excitante.

Nous avons danser jusqu'à nous évanouir de fatigue et au petit matin (elipse temporelle nécessaire), un charmant mini-bus nous a ramené chez nous. Si la bande du Oludum vous intéresse, et je suis sûre que c'est le cas n'est ce pas (je sais où tu habites), je vous propose de visionner ce clip. De plus, vous aurez le bonheur de voir un Bambi plus bronzé et poilu que jamais...

Bon je sais c'est la honte, mais cette vidéo est une assez fidèle représentation du Pelourinho, et de la musique dont je fais mention. Et puis tiens pendant que tu es là, c'est cadeau c'est bonheur, en voici une autre.

Fais moi part de tes brillantes remarques internaute chéri...


Voilà, j'espère que tu en a eu pour ton argent en venant ici aujourd'hui.

Tu peux disposez, à la prochaine !

Paix et amour dans vos chaumières...

samedi 19 juillet 2008

(Auprès de mon arbre, je vivais heureuse)






♫ Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life, you were only waiting
For this moment to arise ♫




vendredi 11 juillet 2008

(Joe le taxi)


"Et alors, c'est comment en France, au niveau de la conduite?

- On peut dire que la réglementation est plutôt sévère, mais c'est pas si mal finalement. On a un système de points; à chaque infraction, on en perd, jusqu'à ne plus en avoir et là, on doit repasser son permis.

- Ah ouais je vois... C'est vraiment différent ici. Je me rapelle, en 1974, 1976 peut-être, j'ai écrasé un gosse. Enfin bon, il a traversé sans regarder et moi je suis passé dessus. Ce con a eu l'audace de mourir. Et qu'est-ce que j'ai eu ?! Pendant un an j'ai dû aller signer un registre à la mairie tous les mois. Et c'est tout ! Ça donne envie d'en tuer 10 comme ça pas vrai????

- ... "

jeudi 26 juin 2008

( No sport, ever ! )

J'offre une paire de tongs à celui qui trouve l'identité de l'auteur de mon titre. Vous battez pas les mecs !



Trève de plaisanteries.



On se souvient tous avec émotion de l'épisode "Maria à la muscu", qui a duré ... deux bons mois !



Bon, disons un mois...



Ici, je me suis retrouvée à l'insu de mon plein gré inscrite dans une académie de gymn. Au risque de vous étonner, je n'étais pas ultra motivée. Mais soit, je tente le coup. Il se pourrait bien que j'ai une révélation mystique. Je fais donc un gros travail sur moi-même, saute dans un short et me pointe à la porte de l'Académie. Quand ils m'ont vu débarquer, ils ont dû penser que je m'étais perdue. Y'en a un qui a osé me demander alors que je faisais mon inscription si je voulais perdre du poids ou prendre du muscle. La question ne se pose même pas il me semble. Évidemment que je veux pouvoir déchirer mes t-shirts juste en contractant un téton et en poussant un hurlement sauvage. Un personal trainer (oh YEAH!) me fait la visite guidée de la salle, puis me claque le cuisse et me dit:



"Allez ma jolie, 30 minutes de tapis roulant!



- Vous dites ?! "



Je m'approche prudemment de la bête, qui a l'air endormie... Déjà moi, quand je vois un tapis roulant, j'ai envie de mettre mes courses dessus. Là apparemment, ça sert à courir. Hu hu



J'appuis sur le gros bouton rouge.



Crois-moi, cet acte je le regrette encore aujourd'hui,

Parfois même j'en pleure la nuit.

*


Alors j'ai couru. Longtemps. Sans but. Cette machine illustre très bien le fait que le plus important dans un voyage, c'est le trajet, non pas la destination. Et en moins de deux, j'étais totalement accro à l'Académie. Ne commence pas à crier aux sandales tout de suite, je peux te donner plusieurs bonnes raisons à cela:


- l'air conditionné, qui transforme cet endroit en havre de fraîcheur

- les personal trainers bodybuildés et trop croquignolets ("Diantre, je me suis fait une autre crampe à la cuisse, tu veux pas me la masser avec tes doigts musclés??")

- la possibilité de matter sa "novela" (bientôt un article sur le sujet) tout en transpirant comme un boeuf. J'aime la télévision de qualité, on ne pourra pas me l'enlever.

- la fontaine d'eau à l'américaine ! J'ai mis deux semaines à réussir à boire plus d'eau par la bouche que par le nez...



Je suis une loque très heureuse quand je sors de là. Parfois même, je me dis qu'une douce et fine pluie d'été, ça serait pas mal. Et hop, il pleut ! Je suis en totale connection avec les éléments non? C'est à se demander: Mais qu'attend-on de moi ? Quel message m'envoie le cosmos ? Quelle est ma finalité sur cette terre ?!

Ah les abîmes de désarroi que connaissent les supers-héros dans leurs jeunes années...

samedi 21 juin 2008

(Pedro, ou pourquoi je me suis cachée dans un arbre tout un week-end)

"Tu te rends pas compte à quel point ça été important pour moi de te rencontrer. Tu es mon premier lien avec ma famille. En fait tu es toute ma famille maintenant. J'ai remarqué que tu étais allée aux toilettes à 10h35. Tu vas tout le temps aux toilettes à cette heure là? Mais tu parles pas beaucoup hein? Oh bah c'est pas grave, je parle pour deux. Je t'ai trouvé super cool. Genre vraiment coool tu vois. Tu vois moi je sens bien ce genre de choses. On peut même dire que je sens les choses. On va faire un jeu ok? Tu me dis ce que t'as pensé de moi, et moi ce que j'ai pensé de toi... Allez tu commences ! Tu veux pas? Tu trouves ça puéril ? Bah moi je suis fier d'être resté un enfant, une âme pure, qui sait se réjouir des joies simples de l'existence. Donc je te disais que je sentais les choses... J'ai une maladie, enfin je trouve pas vraiment que ça soit une maladie, je pense plutôt que c'est un don: ça s'apelle l'hypersensibilité. Je sens les choses. Et toi, je te connais depuis hier, mais je peux déjà te dire que je t'aime. Oui je t'aime. Donc à partir de ça, je vais te réciter un petit poème pour que tu comprennes bien. Ça parle de la personne hypersensible:


"La personne que je connais, je veux qu'elle soit mon amie,

Mon ami je le veux pour amant

Et mon amant c'est mon dieu."





T'as compris?? Hein, t'as compris ??? On peut dire que tu es mon amie maintenant?

- Euh, ouais.

- Attends je te le répète !

- Non non ça ira !!

- Alors t'as compris? Ami/Amant??? Je peux avoir l'air sage comme ça, mais j'ai un côté très sauvage !


- ...





- T'es sûre que tu veux pas qu'on dorme dans le même lit??"

mercredi 18 juin 2008

(Le chant du cygne)

Je n'ose plus sortir dans la rue sans cagoule. Perdue au milieu des corps, je me sens épiée, observée, guettée. Transpercée par des yeux inconnus. Je frémis dès que l'on s'adresse à moi, je fuis leurs regards. Je les entends persifler dans mon dos, je feins d'ignorer leurs quolibets incessants. Ce matin, j'ai trouvé le cadavre d'un chat devant ma porte. C'est un avertissement.
Je crois qu'on tente de me faire quitter le pays.


(Tout ça parce que l'équipe de foot s'est ridiculisée.
Raymond n'aurait-il pas pu penser à tous les émigrés français ?
Maintenant que notre fierté hexagonale a été souillée, nous formons un peuple apatride.)




Je vais être obligée de brûler mon passeport.