jeudi 26 juin 2008

( No sport, ever ! )

J'offre une paire de tongs à celui qui trouve l'identité de l'auteur de mon titre. Vous battez pas les mecs !



Trève de plaisanteries.



On se souvient tous avec émotion de l'épisode "Maria à la muscu", qui a duré ... deux bons mois !



Bon, disons un mois...



Ici, je me suis retrouvée à l'insu de mon plein gré inscrite dans une académie de gymn. Au risque de vous étonner, je n'étais pas ultra motivée. Mais soit, je tente le coup. Il se pourrait bien que j'ai une révélation mystique. Je fais donc un gros travail sur moi-même, saute dans un short et me pointe à la porte de l'Académie. Quand ils m'ont vu débarquer, ils ont dû penser que je m'étais perdue. Y'en a un qui a osé me demander alors que je faisais mon inscription si je voulais perdre du poids ou prendre du muscle. La question ne se pose même pas il me semble. Évidemment que je veux pouvoir déchirer mes t-shirts juste en contractant un téton et en poussant un hurlement sauvage. Un personal trainer (oh YEAH!) me fait la visite guidée de la salle, puis me claque le cuisse et me dit:



"Allez ma jolie, 30 minutes de tapis roulant!



- Vous dites ?! "



Je m'approche prudemment de la bête, qui a l'air endormie... Déjà moi, quand je vois un tapis roulant, j'ai envie de mettre mes courses dessus. Là apparemment, ça sert à courir. Hu hu



J'appuis sur le gros bouton rouge.



Crois-moi, cet acte je le regrette encore aujourd'hui,

Parfois même j'en pleure la nuit.

*


Alors j'ai couru. Longtemps. Sans but. Cette machine illustre très bien le fait que le plus important dans un voyage, c'est le trajet, non pas la destination. Et en moins de deux, j'étais totalement accro à l'Académie. Ne commence pas à crier aux sandales tout de suite, je peux te donner plusieurs bonnes raisons à cela:


- l'air conditionné, qui transforme cet endroit en havre de fraîcheur

- les personal trainers bodybuildés et trop croquignolets ("Diantre, je me suis fait une autre crampe à la cuisse, tu veux pas me la masser avec tes doigts musclés??")

- la possibilité de matter sa "novela" (bientôt un article sur le sujet) tout en transpirant comme un boeuf. J'aime la télévision de qualité, on ne pourra pas me l'enlever.

- la fontaine d'eau à l'américaine ! J'ai mis deux semaines à réussir à boire plus d'eau par la bouche que par le nez...



Je suis une loque très heureuse quand je sors de là. Parfois même, je me dis qu'une douce et fine pluie d'été, ça serait pas mal. Et hop, il pleut ! Je suis en totale connection avec les éléments non? C'est à se demander: Mais qu'attend-on de moi ? Quel message m'envoie le cosmos ? Quelle est ma finalité sur cette terre ?!

Ah les abîmes de désarroi que connaissent les supers-héros dans leurs jeunes années...

samedi 21 juin 2008

(Pedro, ou pourquoi je me suis cachée dans un arbre tout un week-end)

"Tu te rends pas compte à quel point ça été important pour moi de te rencontrer. Tu es mon premier lien avec ma famille. En fait tu es toute ma famille maintenant. J'ai remarqué que tu étais allée aux toilettes à 10h35. Tu vas tout le temps aux toilettes à cette heure là? Mais tu parles pas beaucoup hein? Oh bah c'est pas grave, je parle pour deux. Je t'ai trouvé super cool. Genre vraiment coool tu vois. Tu vois moi je sens bien ce genre de choses. On peut même dire que je sens les choses. On va faire un jeu ok? Tu me dis ce que t'as pensé de moi, et moi ce que j'ai pensé de toi... Allez tu commences ! Tu veux pas? Tu trouves ça puéril ? Bah moi je suis fier d'être resté un enfant, une âme pure, qui sait se réjouir des joies simples de l'existence. Donc je te disais que je sentais les choses... J'ai une maladie, enfin je trouve pas vraiment que ça soit une maladie, je pense plutôt que c'est un don: ça s'apelle l'hypersensibilité. Je sens les choses. Et toi, je te connais depuis hier, mais je peux déjà te dire que je t'aime. Oui je t'aime. Donc à partir de ça, je vais te réciter un petit poème pour que tu comprennes bien. Ça parle de la personne hypersensible:


"La personne que je connais, je veux qu'elle soit mon amie,

Mon ami je le veux pour amant

Et mon amant c'est mon dieu."





T'as compris?? Hein, t'as compris ??? On peut dire que tu es mon amie maintenant?

- Euh, ouais.

- Attends je te le répète !

- Non non ça ira !!

- Alors t'as compris? Ami/Amant??? Je peux avoir l'air sage comme ça, mais j'ai un côté très sauvage !


- ...





- T'es sûre que tu veux pas qu'on dorme dans le même lit??"

mercredi 18 juin 2008

(Le chant du cygne)

Je n'ose plus sortir dans la rue sans cagoule. Perdue au milieu des corps, je me sens épiée, observée, guettée. Transpercée par des yeux inconnus. Je frémis dès que l'on s'adresse à moi, je fuis leurs regards. Je les entends persifler dans mon dos, je feins d'ignorer leurs quolibets incessants. Ce matin, j'ai trouvé le cadavre d'un chat devant ma porte. C'est un avertissement.
Je crois qu'on tente de me faire quitter le pays.


(Tout ça parce que l'équipe de foot s'est ridiculisée.
Raymond n'aurait-il pas pu penser à tous les émigrés français ?
Maintenant que notre fierté hexagonale a été souillée, nous formons un peuple apatride.)




Je vais être obligée de brûler mon passeport.

(Elsa et ses belles parenthèses)

Je me suis réveillée ce matin, avec une envie folle dans le coeur. Je suis peut-être une piètre amante, mais j'ai été doté d'amies fabuleuses. Et c'est à une d'entre elle que j'ai pensé en m'éveillant. J'aurais aimé l'avoir près de moi, pour rire, enrouler mes doigts dans ses cheveux lisses, dire à quel point les garçons sont nuls. Son souvenir est une des choses les plus précieuses que je peux avoir, étant seule dans un pays étranger et terriblement lointain. Mon amie ne se rend pas compte ô combien elle peut être un modèle. Elle pense avoir une hygiène de vie d'un obèse américain croisé avec une prostituée porto-ricaine. Soit. Pourtant, elle demeure ultra féminine, d'autant plus qu'elle l'ignore. Du bout de ses fines hanches, elle bouleversera votre coeur. Sans prononcer un mot, elle crée un monde à son image, où les cigarettes poussent comme des pâquerettes, dans les ruisseaux coulent du thé à la menthe et il pleut du Chardonnay. Tant de désirs ruissellent sur la peau de cette femme-fleuve. Effluves d'un temps ancien, beauté d'un regard qui illumine l'objet sur lequel il se pose.

Un portrait de la nouvelle amazone, la femme moderne qui a plus de mots au bout de ses doigts qu'au bout de ses lèvres.

dimanche 15 juin 2008

(Comment je suis allée manguer des manges)

J'aime raconter mes voyages en bus/avion/fusée/bâteau, car je trouve que c'est dans ces moments que l'être humain se dévoile dans toute son incroyable richesse. C'est la plus formidable introspection qui soit. Ici, le déplacement le plus minime se transforme en aventure... Ou peut-être que c'est moi qui suis très dramatique.

Après [mon voyage/ma descente aux Enfers] dans l'Intérieur du Brésil, me voilà enfin revenue à Salvador. Je décide donc d'aller rendre visite à mon parrain, qui habite sur une des îles de la baie: Itaparica. Tout d'abord, il me faut attraper un bus au vol pour me rendre au Mercado Modelo. De là, je prendrai un bâteau à moteur, et si les dieux sont cléments, j'arriverai 40 minutes plus tard à destination... C'était sans compter le fait que j'ai attendu mon bus 3 jours et que la file pour acheter le ticket allait jusqu'en Suisse. Je monte finalement dans l'embarcation, ravie du voyage qui s'annonce. Je pose un pied sur la rambarde du ponton, je laisse le vent souffler dans mes cheveux et mon jupon, et avec un air borgne et moults moulinets de bras, je m'adresse aux marins d'une voix chargée de rhum:

"Levez l'ancre ! Fermez les écoutilles et larguez les amarres !
Que Dieu bénisse l'Amérique !!"

"Euh Mademoiselle, vous voulez bien descendre de là s'il vous plait, vous faites peur aux enfants."

Alors comme les brésiliens n'ont aucune fantaisie, je suis allée m'assoir sagement. Et c'est comme ça que j'ai rencontré ... Rodrigo ! Un envahissant, marié, vieux (29 ans quoi!) partisan du Parti Vert, qui n'avait pas du tout grillé le côté écologique de ma personne. Il a passé TOUT le voyage a me convaincre d'économiser l'eau (sans blague?) et m'a même filé un dépliant sur une espèce de macaque en voie de disparition. Le problème, c'est que l'animal est tellement moche, qu'on a aucune envie de le préserver. Un peu comme Rodrigo en fait. Mais soit !

Le mec a ensuite tenté de façon pernicieuse de m'extorquer mon numéro de portable. J'ai dû lui expliquer que j'étais un être totalement libre de cet avilissement terrestre, sans attache, et que je vivais dans une yourte avec mes courgettes bios. Dommage

En parlant de ça, je devrais écrire un livre sur toutes les excuses bidons que je peux sortir parfois... Comme la fois au bar cubain à Nantes: " Bah en fait non, je vais pas pouvoir te donner mon numéro parce que, tu vas rire, j'ai perdu mon portable en me penchant pour regarder les poissons dans la Loire".

Bref, on va à la suite?

La houle, cette coquine, se montra fourbe, et mon visage prit une jolie couleur verdâtre. Je n'osais même pas ouvrir la bouche pour sommer Rodrigo de se taire, tellement je craignais de provoquer une réaction en chaîne... Plus morte que vive, je pose enfin un pied tremblant dans le port de Mar Grande, et me décide à demander mon chemin pour la "pousada" (type d'auberge) de mon parrain. Finalement, j'avais oublié que c'était si petit cet endroit, et trois bonds plus tard (oui, je me déplace comme ça), j'étais devant. Antonio Carlos, dit "God", est un peu le roi du pétrole ici, tu peux même le voir sur Youtube. Il possède tout d'abord 200 hectares non négligeables de manguiers, et s'est toujours très investi dans la vie sociale et politique de l'île. Je n'ai jamais vraiment su d'où venait ce surnom, et je ne me serais absolument pas attendu à cette explication...

C'est le fruit d'une de ses soirées de débauche, quand les temps étaient encore obscures. Durant une fête, lui et ses amis avaient versé 15 doses de LSD dans le punch. Malheureusement, l'employée de maison s'était un peu trop épanchée (épunchée?) dessus en douce, et le lendemain, on l'a retrouvée coincée en haut d'un cocotier. Mon parrain a pris un échelle pour aller cueillir la vieille, et est ainsi devenu son "Dieu".

Avouez que ça vous pose un homme.

Quand je vais passer le week-end là-bas, je me fais souvent des balades bucoliques, rapport au fait que je suis une fille très proche de la nature et des animaux (sauf des cafards, faut pas déconner). J'enfile donc mon air évaporé et une longue robe à fleurs, et je me promène entre les arbres. On m'avait dit de faire attention aux fruits qui tombent à chaque instant. Je pense que je suis victime d'une conspiration fruitière: vu le nombre de mangues que je me suis prise sur la tête, elles me visent c'est certain !

Samedi soir, God organise une choco-boum pour son anniversaire. Pour l'île, ça a un peu la même importance que la Fête Médiévale pour Guérande, c'est diiire ! Je me suis dit que j'allais mettre en pratique une des grandes techniques de ma tendre mère: " Si tu connais peu ou pas de monde dans une fête, tu réfléchis pas, tu fais le bar ! " J'en profite pour la remercier au passage de ce précieux conseil. L'expérience fut extraordinairement divertissante. Je me suis découvert un don certain pour jongler entre les additions et ouvrir des bouteilles de bière tout en dansant sur le bar. Et puis j'avais mis une robe qui aide à se faire plein de copains garçons d'un coup d'un seul. Et j'ai ainsi puis confirmer ce que j'avais déjà remarqué: le brésilien drague comme il respire. Petit florilège pour toi lecteur...

1er cas perdu:

" Bravo !

- Vous dites??

- Félicitations, tu es sublime.

- Ah... bah c'est plutôt à ma génitrice qu'il faut dire ça mon grand.

- Oh allez, bravo à toutes les deux !!! "

2nd paumé de la laïfe, qui s'accoude au bar et me fixe tel le caniche devant un étal de boucher

" Je peux t'aider?

- Non non, je t'admire...

-Tu veux pas une bière plutôt ?!"

3ème dégénéré

"Oh Maria, tu es tellement suave (oui moi non plus j'ai pas compris), tu veux pas venir regarder les étoiles avec moi?

- Tu penses vraiment qu'on m'a jamais fait le coup des étoiles???

4ème boulet

" Tu as les cheveux doux comme l'océan, et tes lèvres sont telles la rosée du matin (!)...

(hop, tentative de roulage de patin)

- Non mais oh ! T'a cru que c'était Noël??? "

5ème victime de la vie

"Salut, comment tu t'apelles?

- Maria.

- Ah joli nom, moi c'est Idalgo...

- Tu crois que tes parents sont en mesure de me fournir une explication valable?"

6ème hydrocéphale

" Ah bah, c'est pas tous les jours qu'on voit des filles aussi jolies sur notre île hein !

- ...

- Moi mon rêve c'est une pianiste, tu joue du piano??

- ... Euh ouais.

(Là il s'est mis à trépigner)

- Quoi?? Mais c'est génial !!! Yeeeeeeeees ! Épouse moi tout de suite ! Moi je joue du saxo, tu aimes les saxophonistes???

- Comment dire... Ça va pas pouvoir se faire mec, disons que j'ai pas confiance en eux.

- Mais non allez allez alleeeez ! Épouse moii (il arrache sa chemise) Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh (il se roule par terre) tu peux pas me faire çaaa (il se frappe la tête contre un mur) Épouse moi où je me suicide avec ce décapsuleur !

Le coeur brisé d'un imbécile est-il un coeur brisé pour autant?

La prochaine fois, Maria t'explique pourquoi son cousin Pedro est un dangereux taré.

Ooula, je commence à parler à la troisième personne, c'est pas bon.

jeudi 12 juin 2008

(Ma mère, cette âme pure)

" Bon ma fille, il y a des chauves-souris dans ta chambre? Alors tu fais bien attention, tu n'oublies pas de dormir avec un moustiquaire. Ces bêtes là, ça suce juste le sang, c'est pas très grave mais autant éviter hein !

- Maman, tu peux lâcher la gousse d'ail, les chauves-souris ne sucent pas le sang des humains.

- Ah bon ???! "

- ...

mardi 3 juin 2008

(Qui va à la noce sans prier s'en retourne sans souper)

Ma mission était donc de me rendre dans une contrée (encore plus) lointaine, en vue d'assister au mariage de mon cousin Thiago. Quitter Ipiaú et sa tranquillité mortifère, il faut pas me le demander deux fois. La grand-mère sur le dos, une poule sous le bras et la valise entre les dents, je saute dans le premier bus en direction d'Ilhéus. Seulement trois heures de voyage ! Oh oh, la routarde que je suis a connu bien pire!

Hin hin.

Je n'avais pas prévu que mon iPod me lâche comme un goujat après 3 minutes de service. Je ne savais pas non plus que Grand-Mère Feuillage avait le ronflement diurne aussi prononcé. Et enfin, j'étais à mille lieux de me douter que le chauffeur avait eu sa révélation mystique une semaine plus tôt et que pour le bien de la communauté (?), il allait passer le dvd d'un concert de rock évangéliste.

Le son à fond les ballons.

À la fin du voyage, j'étais hypnotisée au fond de mon siège, les pupilles et les narines dilatées, en chantant " Le Seigneur est mon Sauveur, admirez-le pauvres pécheurs".
Je garde à ce jour d'importantes séquelles.

On arrive chez ma tante, appelée communément "Doliprane", rapport à son évidente hypocondrie. Sa fille Victoria, est très très, mais alors trrrrrès contente de me voir. Depuis que je suis au Brésil, j'ai découvert que j'aimais bien les chiens et les enfants (oui oui, dans cet ordre). Et elle est en partie responsable il faut l'avouer. C'est plutôt mignon comme bête, et puis c'est plus divertissant qu'un poisson rouge. Par la force de sa main potelée, elle me tracte jusqu'à sa chambre, qu'elle va me prêter pour la durée de mon séjour. Il ne m'a pas fallu beaucoup de vivacité d'esprit pour constater que sa couleur préférée était le rose. Et que dans son monde aussi, il y a des poneys qui mangent des arcs-en-ciel et qui font des cacas papillons. Elle avait l'air tellement heureuse la naine, j'allais pas lui dire que je pouvais pas rester pour cause de surcharge de paillettes nacrées dans mon globe oculaire.
Je ne suis pas un monstre voyons.

Quelques jours plus tard, on se prépare tous allègrement pour la cérémonie. Je ne m'attarderais pas sur le goût vestimentaire des brésiliens et le nombre de
" Ah mais oui, c'est superbe! " crispés que j'ai prononcé. Juste pour votre culture, sachez qu'une bonne robe de soirée chez mon peuple, c'est pas moins de 4 couleurs différentes, qui ne vont surtout pas ensemble. Du froufrou, de la dentelle en veux-tu-en-voilà, des superpositions, du kitsch, de la dorure et j'en passe... Là j'ai compris le succès international du bon goût à la française.
Je m'étais décidée pour une robe noire terriblement sobre (ouais, je suis pas une fille marrante). C'était par pur altruisme en vérité: elle allait permettre aux invités de se reposer un peu les yeux.

19 heures pétantes, nous arrivons dans l'Eglise, et je me rue sur les premiers bancs. C'est ma première fois, je veux suivre toute l'action ! Le midi, armée d'un gourdin en bois, je m'étais fait une orgie de crabes, et c'est seulement assise dans la Maison de Dieu que je remarque que j'ai encore des morceaux dans les cheveux. Aucun problème, ça fait des choses à manger. Je me retourne sur l'assistance, et j'ai la douloureuse impression que tout le monde a déjà changé au moins une fois ma couche, et qu'ils s'en souviennent très bien. Toute ma famille vient me saluer:

- "Marrria, qu'est-ce que tu as changé oh la la. La dernière fois que je t'ai vu tu étais haute comme une barrette de shit !!!!
- Ah oui, bah merci hein (Bah ouais mec, en 16 ans c'est dingue comme on grandit, même moi....)



21 heures, le prêtre daigne enfin nous faire l'honneur de sa présence, et met fin aux vociférations de la chorale évangéliste (encore eux?!!). Sa robe de cérémonie cache mal son excessive consommation de bières, et il a l'air frustré de ceux qui ont donné leur vie à la religion. Il dit qu'il va faire une sermon rapide (un sermonito?). On doit pas avoir la même notion du temps... Mes fesses avaient pris la forme du banc d'église qu'il n'avait pas fini de délirer sur l'amour profond et sans limite que Dieu nous porte (ce qui me fait une belle jambe en passant). Ensuite tout le monde s'est levé, a écarté les bras genre "Ce matin j'ai pêcher un poisson grand comme ça! ", les paumes vers le ciel. Tous en coeur et en transe, ils ont entonné une prière inconnue à mon bataillon. Il faut dire que mon bataillon n'en connaît pas beaucoup,
... voire peu,
... voire aucune.

J'ai eu l'impression d'être la seule à me rendre compte à quel point tout était d'un ridicule abyssale.


Tout est bien qui fini bien, car finalement l'homme d'Eglise s'est mis à parler ma langue. En substance, ça consistait en:


"Et maintenant allons fêter ça et nous remplir de petits fours jusqu'à en crever !!!! "



Au nom de Père, du Fils, et du Saint-Esprit.




Ami lecteur, tu crois que tu allais échapper à la cérémonie du bouquet??
Que nenni !!!! Ça serait trop facile!
De plus je te rappelle que c'est mon premier mariage, et que comme je suis une âme en peine qui traverse ce monde sans un compagnon à ses cotés, on m'y a presque forcée. Presque, parce que j'avais drôlement envie en fait. Mon plus grand rêve serait de me marier à 19 ans, nul ne peut l'ignorer. Bref je m'égare. Revenons au bouquet.

Ainsi, mon jour de gloire était arrivé.
J'étais prête.
Le mollet tendu, les ongles acérés, la salive écumante et le regard perçant.
A coeur vaillant rien ne résiste, ... qu'ils disent.




Le bouquet vole dans les airs, je sens qu'il me veut.
Tatatiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin je m'élance tel le cygne !
( L'auteure recommande d'imaginer cette scène au ralenti pour que l'effet comique atteigne son apogée)


Et alors que je sentais déjà le satin des roses sur mes doigts, une morue sortie de nulle part me l'arrache en poussant un cri sauvage.


Je me suis donc retrouvée avec un pétale écrasé dans mes mains, pendant que l'autre pouf hurlait sa victoire. Oui bon ça va hein, c'est qu'un bouquet.......... pétasse.
Je ne suis pas du genre rancunière. Cependant, je me suis permise de glisser discrètement sous sa chaise tous les petits fours tombés par terre. A la fin de la soirée, la pauvresse avait pris 15 cm de talons avec tout ce qui était resté collé sous ses chaussures.

Je suis machiavélique.




Photos de mes cousins Victoria et Juan-Pedro, et de ma nièce (!) Gabriela, qui ont l'air de bien s'éclater, n'ayons pas peur des mots.



Photos de la fête qui a suivi l'évènement, le lendemain sur la plage. Qui l'eu cru?? Des enfants et des chiens ! Tu remarquera que les mouflets, soit ça a pleins de dents, soit ça en a pas !