Je n'ose plus sortir dans la rue sans cagoule. Perdue au milieu des corps, je me sens épiée, observée, guettée. Transpercée par des yeux inconnus. Je frémis dès que l'on s'adresse à moi, je fuis leurs regards. Je les entends persifler dans mon dos, je feins d'ignorer leurs quolibets incessants. Ce matin, j'ai trouvé le cadavre d'un chat devant ma porte. C'est un avertissement.
Je crois qu'on tente de me faire quitter le pays.
(Tout ça parce que l'équipe de foot s'est ridiculisée.
Raymond n'aurait-il pas pu penser à tous les émigrés français ?
Maintenant que notre fierté hexagonale a été souillée, nous formons un peuple apatride.)
Je vais être obligée de brûler mon passeport.
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