Après [mon voyage/ma descente aux Enfers] dans l'Intérieur du Brésil, me voilà enfin revenue à Salvador. Je décide donc d'aller rendre visite à mon parrain, qui habite sur une des îles de la baie: Itaparica. Tout d'abord, il me faut attraper un bus au vol pour me rendre au Mercado Modelo. De là, je prendrai un bâteau à moteur, et si les dieux sont cléments, j'arriverai 40 minutes plus tard à destination... C'était sans compter le fait que j'ai attendu mon bus 3 jours et que la file pour acheter le ticket allait jusqu'en Suisse. Je monte finalement dans l'embarcation, ravie du voyage qui s'annonce. Je pose un pied sur la rambarde du ponton, je laisse le vent souffler dans mes cheveux et mon jupon, et avec un air borgne et moults moulinets de bras, je m'adresse aux marins d'une voix chargée de rhum:
"Levez l'ancre ! Fermez les écoutilles et larguez les amarres !
Que Dieu bénisse l'Amérique !!""Euh Mademoiselle, vous voulez bien descendre de là s'il vous plait, vous faites peur aux enfants."
Alors comme les brésiliens n'ont aucune fantaisie, je suis allée m'assoir sagement. Et c'est comme ça que j'ai rencontré ... Rodrigo ! Un envahissant, marié, vieux (29 ans quoi!) partisan du Parti Vert, qui n'avait pas du tout grillé le côté écologique de ma personne. Il a passé TOUT le voyage a me convaincre d'économiser l'eau (sans blague?) et m'a même filé un dépliant sur une espèce de macaque en voie de disparition. Le problème, c'est que l'animal est tellement moche, qu'on a aucune envie de le préserver. Un peu comme Rodrigo en fait. Mais soit !
Le mec a ensuite tenté de façon pernicieuse de m'extorquer mon numéro de portable. J'ai dû lui expliquer que j'étais un être totalement libre de cet avilissement terrestre, sans attache, et que je vivais dans une yourte avec mes courgettes bios. Dommage
En parlant de ça, je devrais écrire un livre sur toutes les excuses bidons que je peux sortir parfois... Comme la fois au bar cubain à Nantes: " Bah en fait non, je vais pas pouvoir te donner mon numéro parce que, tu vas rire, j'ai perdu mon portable en me penchant pour regarder les poissons dans la Loire".
Bref, on va à la suite?
La houle, cette coquine, se montra fourbe, et mon visage prit une jolie couleur verdâtre. Je n'osais même pas ouvrir la bouche pour sommer Rodrigo de se taire, tellement je craignais de provoquer une réaction en chaîne... Plus morte que vive, je pose enfin un pied tremblant dans le port de Mar Grande, et me décide à demander mon chemin pour la "pousada" (type d'auberge) de mon parrain. Finalement, j'avais oublié que c'était si petit cet endroit, et trois bonds plus tard (oui, je me déplace comme ça), j'étais devant. Antonio Carlos, dit "God", est un peu le roi du pétrole ici, tu peux même le voir sur Youtube. Il possède tout d'abord 200 hectares non négligeables de manguiers, et s'est toujours très investi dans la vie sociale et politique de l'île. Je n'ai jamais vraiment su d'où venait ce surnom, et je ne me serais absolument pas attendu à cette explication...
C'est le fruit d'une de ses soirées de débauche, quand les temps étaient encore obscures. Durant une fête, lui et ses amis avaient versé 15 doses de LSD dans le punch. Malheureusement, l'employée de maison s'était un peu trop épanchée (épunchée?) dessus en douce, et le lendemain, on l'a retrouvée coincée en haut d'un cocotier. Mon parrain a pris un échelle pour aller cueillir la vieille, et est ainsi devenu son "Dieu".
Avouez que ça vous pose un homme.
Quand je vais passer le week-end là-bas, je me fais souvent des balades bucoliques, rapport au fait que je suis une fille très proche de la nature et des animaux (sauf des cafards, faut pas déconner). J'enfile donc mon air évaporé et une longue robe à fleurs, et je me promène entre les arbres. On m'avait dit de faire attention aux fruits qui tombent à chaque instant. Je pense que je suis victime d'une conspiration fruitière: vu le nombre de mangues que je me suis prise sur la tête, elles me visent c'est certain !
Samedi soir, God organise une choco-boum pour son anniversaire. Pour l'île, ça a un peu la même importance que la Fête Médiévale pour Guérande, c'est diiire ! Je me suis dit que j'allais mettre en pratique une des grandes techniques de ma tendre mère: " Si tu connais peu ou pas de monde dans une fête, tu réfléchis pas, tu fais le bar ! " J'en profite pour la remercier au passage de ce précieux conseil. L'expérience fut extraordinairement divertissante. Je me suis découvert un don certain pour jongler entre les additions et ouvrir des bouteilles de bière tout en dansant sur le bar. Et puis j'avais mis une robe qui aide à se faire plein de copains garçons d'un coup d'un seul. Et j'ai ainsi puis confirmer ce que j'avais déjà remarqué: le brésilien drague comme il respire. Petit florilège pour toi lecteur...
1er cas perdu:
" Bravo !
- Vous dites??
- Félicitations, tu es sublime.
- Ah... bah c'est plutôt à ma génitrice qu'il faut dire ça mon grand.
- Oh allez, bravo à toutes les deux !!! "
2nd paumé de la laïfe, qui s'accoude au bar et me fixe tel le caniche devant un étal de boucher
" Je peux t'aider?
- Non non, je t'admire...
-Tu veux pas une bière plutôt ?!"
3ème dégénéré
"Oh Maria, tu es tellement suave (oui moi non plus j'ai pas compris), tu veux pas venir regarder les étoiles avec moi?
- Tu penses vraiment qu'on m'a jamais fait le coup des étoiles???
4ème boulet
" Tu as les cheveux doux comme l'océan, et tes lèvres sont telles la rosée du matin (!)...
(hop, tentative de roulage de patin)
- Non mais oh ! T'a cru que c'était Noël??? "
5ème victime de la vie
"Salut, comment tu t'apelles?
- Maria.
- Ah joli nom, moi c'est Idalgo...
- Tu crois que tes parents sont en mesure de me fournir une explication valable?"
6ème hydrocéphale
" Ah bah, c'est pas tous les jours qu'on voit des filles aussi jolies sur notre île hein !
- ...
- Moi mon rêve c'est une pianiste, tu joue du piano??
- ... Euh ouais.
(Là il s'est mis à trépigner)
- Quoi?? Mais c'est génial !!! Yeeeeeeeees ! Épouse moi tout de suite ! Moi je joue du saxo, tu aimes les saxophonistes???
- Comment dire... Ça va pas pouvoir se faire mec, disons que j'ai pas confiance en eux.
- Mais non allez allez alleeeez ! Épouse moii (il arrache sa chemise) Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh (il se roule par terre) tu peux pas me faire çaaa (il se frappe la tête contre un mur) Épouse moi où je me suicide avec ce décapsuleur !
Le coeur brisé d'un imbécile est-il un coeur brisé pour autant?
La prochaine fois, Maria t'explique pourquoi son cousin Pedro est un dangereux taré.
Ooula, je commence à parler à la troisième personne, c'est pas bon.
2 commentaires:
Ce blog est toujours aussi bien tenu et surtout tellement agréable a lire! Enfin un vrai blog ou meme les petites choses de la vie son raconté avec humour!
Bisous a toi Maria!
Et on se voit des que tu rentre?...
c'etait antoine au fait!lol il faut avouer que j'ai du mal avec ce monstre informatique et ses petits du nom d'ordinateur!
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